La conscience et le temps

 » Dans le sommeil je suis tout , mais je n’en sais rien. La conscience suppose réflexion et division. La conscience n’est pasimmédiate. Je pense, et puis je pense que je pense, par quoi je distingue Sujet et Objet, Moi et le monde. Moi et ma sensation. Moi et monsentiment , Mi et mon idée. C’est bien le pouvoir de douter qui est la vie du moi. Par ce mouvement, tous les instants tombent au passé. Sil’on se retrouvait tout entier, c’est alors qu’on ne se reconnaîtrait pas. La passé est insuffisant, dépassé. Je ne suis plus cetenfant, cet ignorant, ce naïf. A ce moment-là même j’étais autre chose, en espérance, en avenir. La conscience de soi est la conscience d’unavenir et d’une formation de soi irréversible, irréparable. Ce que je voulais, je le suis devenu. Voilà le lien entre le passé et leprésent, pour le mal comme pour le bien. Ainsi le moi est un refus d’être moi, qui en même temps conserve les moments dépassés. Sesouvenir, c’est sauver ses souvenirs, c’est se témoigner qu’on les a dépassés. C’est les juger. Le passé, ce sont des expériences que je neferais plus. Un artiste reconnaît dans ses ouvres qu’il ne s’était pas encore trouvé lui-même, qu’il ne s’était pas encore délivré ,mais il y retrouve aussi le pressentiment de ce qui a suivi. C’est cet élan qui ordonne les souvenirs selon le temps. « 

Alain

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